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Décryptage de l'Observatoire n°7 - Les violences faites aux femmes en situation de handicap : connaître les ressources adaptées

« […] Dans ces histoires, l’emprise. L’emprise, c’est ce cycle. Ce cycle qui aboutit aux violences conjugales. L’emprise, c’est l’exclusion sociale. L’emprise, c’est le silence grandissant face à la langue des signes. L’emprise qui s’étend peu à peu à chaque porte qui se ferme. Au commissariat, pas de langue des signes ! À l’hôpital, pas de langue des signes. Dans les associations, pas de langue des signes. Jamais, jamais. Le silence, partout. Et nous, découragées, on abandonne. » 

Catherine Zlatkovic, Prix Coup de cœur du jury du Prix Gisèle Halimi du concours d’éloquence de la Fondation des femmes en 2019 avec un discours puissant sur les violences subies par les femmes sourdes.

Les femmes en situation de handicap subissent les mêmes violences que les autres femmes, toutefois la vulnérabilité et la dépendance induites par une situation de handicap peuvent amplifier ces violences ou être à l’origine d’actes spécifiques de violences.
 
Quelles sont les données disponibles ? Quels sont les dispositifs d’écoute, les permanences et les outils d’informations et prévention adaptés aux victimes en situation de handicap ? Quels sont les outils pour se former en tant que professionnel·les à un meilleur repérage et accompagnement des victimes en situation de handicap ?
 
  1. « Le handicap accroît les violences, et les violences accroissent le handicap » (Marie Rabatel, rapport du Sénat, 2019).

Selon les données de l’enquête nationale de victimation Cadre de vie et sécurité : les violences perpétrées sur des femmes en situation de handicap sont très fréquentes. 9 % des femmes handicapées sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles dans le ménage ou en dehors contre 5,8 % pour les femmes sans handicap. À partir des données recensées entre 2017 et 2020 par le collectif Féminicides par compagnons ou ex, l’association Femmes pour le Dire Femmes pour Agir (FDFA) a pu estimer que le pourcentage de femmes en situation de handicap victimes de féminicides serait de 6,7 % en France.

Les femmes en situation de handicap sont deux fois plus nombreuses à avoir subi des violences sexuelles (4 % pour les femmes porteuses de handicap contre 1,7 % pour les femmes sans handicap). Près de 90 % des femmes autistes ont subi une forme de violence sexuelle au cours de leur vie (Association Francophone de Femmes Autistes, Comité scientifique de l’encéphale, 2019). 27 % des femmes sourdes ou malentendantes déclarent avoir subi des violences sexuelles au cours de leur vie (Baromètre Santé sourds et malentendants 2011/2012).

Une parole plus souvent mise en doute et des freins supplémentaires dans les démarches : d’après une étude menée en 2021 par l’Observatoire régional des violences faites aux femmes en Aquitaine, la parole des femmes en situation de handicap est très souvent niée. Les femmes en situation de handicap psychique ou mental déclarent deux fois plus que les autres femmes en situation de handicap « ne pas être comprises », et surtout trois fois plus de refus de plainte ou d’écoute de la part de leur entourage, qu’il soit amical ou institutionnel.

  1. Des dispositifs d’écoute et des permanences adaptées pour les victimes en situation de handicap

  • 114 : numéro d’appel d’urgence, par SMS, visio ou tchat pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques ou sur info.urgence114.fr/ ou sur l’appli 114. Attention ce n’est pas une ligne d’écoute.
  • 3919 - Violences Femmes Info : depuis 2020, ce numéro national d’écoute (7j/7 et 24h/24) est désormais accessible aux personnes sourdes et/ou malentendantes. Un partenariat avec la société Roger Voice propose de traduire en langue des signes via un système de visio, la conversation entre l’appelante et l’écoutante.

>> Bon à savoir : pour appeler le 3919 et utiliser cette option, il suffit, soit d’avoir téléchargé sur son smartphone l’application Roger Voice, soit de passer par le site internet de la FNSF et de cliquer sur l’icône « Roger Voice » sous forme de téléphone, disponible dans le pied de page du site.

  • Écoute Violences Femmes Handicapées - 01 40 47 06 06 : appel anonyme non surtaxé pour toutes les femmes quelques soit leur handicap ou les violences subies (conjugales, sexuelles, familiales, administratives, etc.). Une dizaine d’écoutantes se relaient pour assurer les permanences téléphoniques de l’association FDFA : les lundis de 10h à 13h et de 14h30 à 17h30 et les jeudis de 10h à 13h. Possibilité de commander ici des affiches de prévention avec le numéro. Les femmes déficientes auditives ou se sentant mal à l’aise à l’écrit peuvent contacter la ligne d’écoute par courriel ecoute [at] fdfa [dot] fr.

  • Permanences juridiques et sociales en langue des signes françaises (LSF) organisées par la Maison des femmes de Paris pour les femmes sourdes victimes de violences : tous les vendredis de 14h à 16h30, prise de rendez-vous conseillée. Contact mail : rdv [dot] apjs [at] gmail [dot] com ou par SMS au 06 43 94 73 48 ; informations sur la permanence.

  • Permanence juridique accessible pour les personnes en situation de handicap de l’association Droit Pluriel : juristes et avocat·es joignables par mail à agir [at] droitpluriel [dot] fr, ou en laissant un message au 09 80 80 01 49 ou en déposant une vidéo en LSF sur droitpluriel.fr/agir.

  • Le tchat commentonsaime.fr de l’association En Avant Toute(s) du lundi au samedi de 10h à 21h propose une écoute à l’écrit pour les femmes et personnes LGBTQI+ victimes de violences, notamment au sein du couple et de la famille. Le tchat est adapté pour les personnes sourdes et malentendantes, et également pour les personnes autistes qui ont des difficultés à oraliser, notamment par téléphone ou qui auraient plus de difficultés à se rendre dans des permanences (bruit des locaux, puissance de la lumière, couleurs utilisées constituant des stimuli qui peuvent les heurter).

  • Unité d’informations et de soins pour les personnes sourdes et malentendantes sur Paris à l’hôpital de la Pitié Salpetrière ; plus d'infos ici.

  1. Des outils d’informations et prévention adaptés pour les victimes en situation de handicap 

  1. Des outils de repérage et d’accompagnement pour les professionnel·les

Trois sites ressources :


Merci à Alexiane Martinez de l'association FDFA et Louise Delavier de l'association En Avant Toute(s) pour leurs relectures et contributions !

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